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Un blog non officiel sur la commune de Roudouallec (Morbihan - 56   Bretagne)  le passé, le présent, l'imparfait...

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épisode 10 : les "sklipou" et les bals, toujours, mais . . .

 

plein de monde à la noce!
plein de monde à la noce! 
En cette année 1939, à la veille de la guerre, il y a bal chaque dimanche à Roudouallec dans l'une (ou parfois dans deux) des cinq salles de danse de la commune. Et il en est de même en ce qui concerne les communes avoisinantes! Etienne Hillion et ses musiciens se font connaître ici et là. On peut dire, sans risque de se tromper, que la danse constitue la première des distractions de la jeunesse d'alors. Parfois, on danse aussi en semaine, le mardi, à l'occasion des bals de noces. Dès que la messe est terminée, on danse dans la rue, sur la sciure de bois, avant de passer à table! Dès les premiers accents de la musique, le maître d'école se voit dans l'obligation de fermer ses fenêtres car les écoliers n'écoutent plus et n'ont qu'une idée en tête: sortir, sortir pour jouir du spectacle et écouter l'accordéon!...

Dans leurs beaux costumes bretons, les vieux se trémoussent aux accents de la "gavotte de Pont-Aven", tandis que les jeunes gens aux cheveux plaqués par la gomina ou par du blanc d'oeuf, se réservent pour les danses "modernes" qui suivront assurément... Gomina est une marque dite déposée, représentant une pommade pour lisser les cheveux; mais ce mot est passé dans le langage courant, tel frigidaire pour nommer un réfrigérateur.

       Et les tripes!!!.... Les incontournables et si fameuses "sklipou"!!! Cette odeur incomparable, inégalée, de tripes grillées qui flotte dans l'air, préparées dans d'énormes chaudrons de fonte noire posés sur les trépieds des cheminées, ces plus que savoureuses sklipou qu'on ira déguster tout-à-l'heure dans la salle de danse de Soaze et Jos!!!.... Parodiant le poète et ses "neiges d'antant", l'on peut s'interroger, de nos jours:
       "mais où sont donc passées les bonnes tripes d'antant de nos grands-mères ? ..."

Le 2 septembre 1939, la France et l'Angleterre déclarent la guerre à l'Allemagne. A Roudouallec, Jos est mobilisé dans la Cavalerie, mais rentrera au bout de quelques mois, grâce au fait qu'il ait 4 enfants à l'époque: Pierre (1924), Marcel (1925), Robert (1928) et Joseph (1932). Moi, Jacques, le cinquième et dernier enfant de Soaze et de Jos, je naitrai en 1949, soient 17 ans après Joseph...

       Les bals sont supprimés après la débâcle de juin 1940, par solidarité envers les prisonniers. Jos essaie encore, comme beaucoup de tenanciers de salles de danse, de faire bal de temps en temps. Mais les jeunes gens sont absents, le "ressort" est cassé, et les Gendarmes de Gourin le menacent de fermeture définitive. Est-ce la fin de la danse?...

 

épisode 11 : c'est un bal défendu . . .

 

 
>>> Les bals sont supprimés après la débâcle de Juin 1940, par solidarité envers les prisonniers. Jos essaie encore, comme beaucoup de tenanciers de salles de danses, de faire bal de temps en temps. Mais les jeunes sont absents, le "ressort" est cassé, et les Gendarmes de Gourin le menacent de fermeture définitive. Est-ce la fin de la danse?...

>>> Que non!... Des petits bals clandestins ont lieu dans des "salles" de campagne: à Bouloupine, à Kerouze, à Penanvern, et sur les communes limitrophes du département du Finistère... Mais les descentes de Gendarmerie, et surtout les descentes des boches, sont à craindre, à redouter!
    Pierre, qui n'est plus "petit" puisqu'il a 18 ans en 1942, est mordu de musique comme son père, et apprend le saxophone...
    En compagnie de Jean Huiban, de Guiscriff, hélas disparu comme tant d'autres dans ce récit, Pierre anime ce soir-là un bal à Bouloupine, son "premier" bal! C'est dire s'il s'en souvient... C'était un dimanche soir de l'hiver 1942/1943. La salle est pleine à craquer. Tout-à-coup, un cri:

       "Les boches!!! Les boches!!!"

Et c'est la débandade, le sauve-qui-peut!... Combien, oh oui! Combien de gars et de filles sont alors tombés dans la fosse à purin et sur le tas de fumier, derrière la salle, en voulant sauter par les fenêtres!!!... Ah, s'ils avaient su, les bougres!...
       Ce n'étaient pas les allemands, les boches comme l'on disait encore, mais c'était . . . le car qui transportait l'équipe de foot-ball des "Chasseurs" de Gourin, qui venait de s'arrêter devant le petit bistrot de Bouloupine.......

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épisode 12 : verbotten ???

 

interdit?? mais on bat la mesure avec des "semelles de bois"...
interdit?? mais on bat la mesure avec des "semelles de bois"... 
>>> Triste époque, donc, que celle de l'Occupation, heureusement ensoleillée d'intermèdes comiques comme celui que nous venons de relater.

>>> Mais bientôt, un ordre sévère de la Préfecture du Morbihan, à Vannes, arrivera à la Mairie de Roudouallec: puisque des bals clandestins se déroulent malgré l'interdiction du "Maréchal", eh bien à défaut de pouvoir punir les coupables, c'est-à-dire les tenanciers de salle, on punira les musiciens! Ordre est donc donné à ces musiciens de venir déposer leurs instruments à la Mairie de leur résidence, sous peine de confiscation définitive desdits instruments...

>>> Mais le "Système D" n'ayant pas été inventé pour des singes, les musiciens homologués ou connus pour leurs talents, se débrouilleront pour déposer à la Mairie un vieil instrument déclassé, acheté bon marché, et continuent malgré tout, et heureusement, à exercer leur activité . . . ailleurs!!!!

>>> Tout de même, inquiets, les tenanciers ferment leurs petits bals clandestins l'un après l'autre. C'est que nous sommes au printemps 1943, et l'Occupation se durcit terriblement.
    On crée pourtant la "Java 43", énième pied-de-nez à ces occupants:

"C'est la java 43
Celle qu'on ne danse pas
Mais qu'on siffle en cadence
Les nénettes et les nanas
S'baladent en s'melles de bois
Mais gardent leur élégance,
Les Posper et les Julot
Le soir au p'tit bistrot
Discutent avec violence
Leur dernier paquet d'tabac
C'est la java 43."
(Armand - Langrand - Hagel) Andrex 1943.
..............................  à suivre....

 

épisode 13 : depuis que les bals sont fermés...

 

 

>>> La vie quotidienne, la vie tout court, à Roudouallec comme ailleurs, devient donc de plus en plus triste, car "la guinguette a fermé ses volets" et "les bals sont fermés":

"Depuis que les bals sont fermés,

Depuis que la valse est morte,

Je vois encore tourner, valser,

Les galants qui me font escorte.

Tous les bras qui m'ont enlacée,

Dans un tourbillon m'emportent.

Je ne peux pas vous oublier,

Depuis que les bals sont fermés"

(Scotto - Thoreau ... Damia 1942)

>>> Mais il est écrit quelque part que l'on dansera toujours en Bretagne! Les guinguettes, les bals sont fermés? Qu'à cela ne tienne... On dansera à la ferme, comme autrefois. Ainsi s'organisent, au cours de l'été 1943, des "evadag chistr", c'est-à-dire des buvettes de cidre. On se réunit dans une ferme le dimanche après-midi et, sur l'aire à battre, on danse au son d'un ... peigne!!! Eh oui! Au son d'un peigne! Pour celles et ceux qui n'y penseraient plus, sachez qu'avec un peigne recouvert de papier de soie, et pour peu que le "sonneur" soit également bon chanteur, alors vous avez vite fait d'improviser un petit orchestre... Et puis, on ressort des tiroirs les vieux harmonicas,

et en avant la musique!

>>> Rien, non, rien n'empêchera le Breton de danser! Pas même les passages des bombardiers alliés en route pour l'Allemagne. Rappelez-vous, les "plus de 60 ans", cette célèbre chanson de Tino Rossi: "Réginella", dont les paroles originales avaient été remplacées par d'autres, bien plus patriotiques:

"et tac! tac! tac! font les mitrailleuses

et boum! boum! boum! font les canons anglais".

Les gars du Maquis, des parachutistes anglais aussi, sont parfois de la fête. On vide les barriques de cidre, on danse, on applaudit aux Alliés, pressentant le Débarquement pour bientôt.

 

>>>>>>>>>>>>>>>> à suivre >>>>>>>

 

épisode 14 : on chantera quand même . . .

 

1942, sortie du film "Fièvres", avec Tino Rossi et Jacqueline Delubac
1942, sortie du film "Fièvres", avec Tino Rossi et Jacqueline Delubac 
On ne vend plus de petits formats dans les foires, le papier devenant rare lui-aussi. Mais le courant électrique a été installé à Roudouallec en 1942! Jos a été l'un des premiers à acheter un poste de radio!!! On écoute les émissions d'accordéon et les succès parisiens qui, à force d'être entendus, sont rapidement sur toutes les lèvres! Les nombreux succès de Charles Trénet, par exemple: je chante - fleur bleue - y'a d'la joie - quand tu reverras ton village... chanson composée spécialement POUR les Prisonniers; ainsi que la célèbre "romance de Paris"..

On écoute aussi et toujours les succès de Tino Rossi, qui a trouvé, en la personne de Henry Bourtayre, le successueur de Vincent Scotto. Rappelez-vous: Paquita - ma ritournelle - le chant du gardian - dans le chemin du retour...

Ceux de Maurice Chevalier:
ça sent si bon la France,la chanson du maçon...

Les succès d'Edith Piaf sont dans tous les coeurs également: c'est lui que mon coeur a choisi...
de l'autre côté de la rue...
je n'en connais pas la fin...

N'oublions pas non plus Danielle Darrieux et son "premier rendez-vous", la bellissime Marie-José avec "les fleurs sont des mots d'amour".
Et combien d'autres encore, dont bon nombre sont repris par des interprètes actuels.
On chante même, et dans le fond pourquoi pas, des airs allemands: étoile de Rio - Lily Marlène -
bei mir bist du schön...

Mais deux airs marqueront profondément cette époque: "mon amant de Saint-Jean", par Lucienne Delyle et l'accordéoniste Emile Carrara.La chanteuse Jane Chacun le modifiera quelque peu, ce qui donnera:
mon costaud de St-Jean.
Puis, "la rue de notre amour", par Damia et l'accordéoniste Alexander:

"C'est la rue de notre amour
Tout au fond d'un vieux faubourg
On y voit rôder le soir
Les amoureux dans les coins noirs.
C'est la rue de nos désirs
Où l'amour a pu fleurir
Tout au fond d'un vieux faubourg
C'est la ruelle des coeurs fidèles.
Nous aimons toujours toujours
La rue de nos amours."